N°379 – De la rage à l’espoir

Aziza est originaire du Souss. Son père est épicier, sa mère femme au foyer.
Elle est bac+4. Elle a 24 ans.
Elle a postulé pour un travail. En sortant de l’entretien, elle a été subitement submergée par un sentiment de rage, de frustration, de désespoir. Elle s’est rendue compte qu’elle ne savait pas répondre aux questions qui lui ont été posées.

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N°374 – Courage !

Une centaine de jeunes, rassemblés à El Jadida pour faire le bilan de leur apprentissage, se découvrent et se rendent compte du chemin qui reste à parcourir.
Khawla, de Khouribga, avec des yeux qui brillent, lève la main et pose une question.
Comment faire pour garder l’équilibre entre ce que veut la société de nous et ce que nous voulons de notre société ? 

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N°372 – L’immédiat et le long terme

Une affiche proclame : « le sucre tue ». Un passant l’observe et fulmine : « Ayons d’abord du sucre et après on verra ! « 
Dans les ruelles de la médina, un jeune s’accroche à des touristes en leur proposant presque de force de leur faire le guide.

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N°364 – Indignons-nous !

Cela se passe dans un café renommé d’une grande ville. L’accès au café est surveillé par un agent portant un brassard rouge avec la mention : Sécurité.
Des clients finissent leur petit-déjeuner, se lèvent de table et s’en vont.
L’agent de sécurité s’approche de leur table, emplit sa bouche des restes de leurs viennoiseries, boit un fond de verre de café et reprend son poste.

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Feuilles d’hiver (12, 13 et 14)

12. Annie Ernaux, fine observatrice de la France de la deuxième moitié du XXe siècle, ses moeurs, ses personnages politiques, ses interrogations, ses avancées, ses doutes. En particulier, comment cette écrivaine, l’une des plus populaires, traque la place de la religion dans la société. Elle témoigne : « La religion catholique s’était effacée sans tapage du cadre de la vie. Les familles n’en transmettaient plus la connaissance ni l’usage. En dehors de quelques rites, on n’avait plus besoin d’elle comme signe de respectabilité. Comme si elle avait trop servi, usée par des milliards de prières, de messes et de processions, durant deux millénaires … » Puis sur la relation entre la religion, la femme et le sexe : « L’Église ne terrorisait plus l’imaginaire des adolescents pubères, elle ne réglementait plus les échanges sexuels et le ventre des femmes était sorti de son emprise. En perdant son champ d’action principal, le sexe, elle avait tout perdu. »

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N°351 – Le départ d’un jeune

Un jeune homme s’est suicidé. Il avait l’âge du rêve et de l’ambition. Sa famille n’était ni pauvre, ni riche. Il vivotait auprès d’elle.
Les causes de ce suicide ? Lui seul les connaît.
Mais quel gâchis ! Pour sa famille, ses amis, ses voisins. Pour son pays.
Ce pays qui a tellement besoin de ses jeunes et qui les voit partir, abandonner le travail qui reste à faire.

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N°341 – Reprendre. Repartir. Relancer.

Reprendre. Repartir. Relancer. En s’interrogeant, en observant.
Nos jeunes sont désorientés. L’argent est recherché sans effort. La rémunération est exigée avant l’apprentissage.
Dans le monde de l’immédiat et du superficiel, on ne se contente plus de répondre à ses besoins selon sa juste valeur.

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Assurance

Par ce beau matin, je marche sur le trottoir en observant autour de moi, comme d’habitude, les gens et les choses.

Quelqu’un vient interrompre mes observations et réflexions. Il me salue comme il est maintenant d’usage depuis la flambée des prix du baril il y a de cela quelques décennies, d’un ton qui se veut fraternel. Je réponds en lui souhaitant une belle matinée. Il me tend un document que je reconnais facilement. Une police d’assurance.

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Gilets jaunes

Vite. Je dois faire vite. Le téléphone sonne. Je ne réponds pas. Je mets mes souliers. Je n’oublie pas le masque. La solution alcoolisée. Vite. Mes clefs ? Où sont-elles passées ? Ah, les voilà. Vite. Ils vont fermer. Je dois absolument y être avant la fermeture. Avec le virus, on ne sait jamais, peut-être qu’ils ferment plus tôt. Je roule. La circulation est fluide, peut-être la crainte du virus empêche les gens de se déplacer.
J’arrive, le gardien du parking comme partout au Maroc, est identifiable avec son gilet jaune, qui n’a rien à voir avec le mouvement l’an dernier en France de ceux qui voulaient que leur situation s’améliore, avant que ne vienne le virus pour la rendre encore pire. Non, le gilet jaune ici c’est pour soutirer quelques dirhams à toute voiture qui cherche à se garer quelque part, de préférence pas loin des administrations et des boulangeries.

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N°298 – L’illettrisme coûte cher à la société

Il a 40 ans, il est pâtissier et il a eu le courage de témoigner devant les caméras pour avouer qu’il ne sait pas lire et écrire correctement. Et pourtant il a passé de nombreuses années sur les bancs de l’école.
Elle a 50 ans et elle s’est mise à apprendre à lire et à écrire. Elle a accepté de le dire à la télévision et de casser un tabou.

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